Relation depuis : avril 2015
EN QUELQUES CHIFFRES :

1.2 M$ en budget annuel d’opérations

8 médailles aux Jeux paralympiques de Sotchi en 2014

14 participants à l’expérience avec CANU

8 mois de durée totale du programme

CPAST 2015

En avril 2015, l’équipe paralympique de ski alpin du Canada débute une collaboration avec CANU pour l’assister dans son cheminement vers les XIIe Jeux paralympiques d’hiver de 2018 à Pyeongchang en Corée du Sud. À la base de ce partenariat se trouve un changement important dans la dynamique de l’équipe causé par le départ à la retraite de plusieurs vétérans. Cette réalité mène à la formation d’un nouveau leadership, celui-ci étant assumé davantage par les entraineurs qui souhaitent combler l’écart rapidement et agissent selon leur instinct face à la relative jeunesse de la plupart des membres de la formation. Cette transition génère un certain nombre de problématiques et les dirigeants souhaitent redéfinir la culture de l’équipe en portant une attention particulière aux thèmes en lien avec la performance, l’état d’esprit, le comportement, les standards d’excellence et la raison d’être de chacun dans l’équipe paralympique de ski alpin du Canada. 

Ils s’associent donc à CANU pour vivre un programme de développement puissant qui permettra à chaque équipier d’évaluer sa contribution individuelle et de s’engager dans le changement pour jouer un rôle de premier plan dans les succès collectifs.

Pour vous offrir un point de vue privilégié sur la transformation vécue, nous vous proposons un extrait de la discussion sur le leadership qui a émergé suite à l’expérience sur l’eau qu’ils ont vécue, ainsi qu’un entretien avec Jean-Sébastien Labrie, entraîneur-chef de l’équipe canadienne de ski para-alpin.

 

Jean-Sébastien Labrie
Entraineur-chef
Équipe de ski para alpin du Canada

“ Individuellement, chaque personne a gagné surtout grâce à l’introspection et aux prises de conscience, tout au long du programme. Ça a donné lieu à des réflexions personnelles incroyables. Il faut bien se connaitre et s’observer pour savoir quelle sera notre contribution personnelle au sein de l’équipe. ”

Jean-Sébastien Labrie
Jean-Sébastien, que sentiez-vous que vous ne pouviez pas réaliser seuls, et qui vous a poussé à faire appel à CANU?

Nous sentions une déconnexion entre le staff et les athlètes, notamment sur le plan des standards de l’équipe et des attentes envers chacun. Au quotidien, ça se traduisait par du « push back » et un bris de communication. Après Sotchi, il y a eu un grand changement dans la composition de l’équipe. On voulait s’assurer de solidifier les bases, de communiquer la vision pour les Jeux paralympiques de 2018, d’obtenir l’adhésion de chaque membre et de créer une dynamique capable de nous mener collectivement à de meilleurs résultats sportifs et humains.

Comment s’est déroulée l’expérience avec CANU? Et quel a été l’impact sur l’équipe pendant le programme?

Lors de la préparation avec Brianne (la directrice haute performance de l’équipe) et moi, CANU nous a permis d’identifier les sources de problèmes et de nous les expliquer. Cette meilleure compréhension nous a permis de solidifier le diagnostic et la marche à suivre.

Nous avons ensuite vécu une série d’ateliers en équipe lors d’une semaine à Montréal, et je peux dire que tout le monde a été pris par surprise. Au départ, il y avait des questionnements et des appréhensions puisqu’on a pris une semaine qui est normalement utilisée pour un camp d’entrainement pour vivre ce moment charnière avec CANU. Les doutes ont rapidement été dissipés. On reparle encore de cette expérience 8 mois plus tard. Ça a permis un ancrage auquel on peut revenir en tant qu’équipe pour être dans la zone où on veut être.

Suite à notre présence à Montréal, le programme s’est poursuivi avec des coachings pour Brianne et moi, pour nous accompagner dans l’intégration des apprentissages une fois de retour à notre quotidien. Puis, le cycle avec CANU s’est terminé par un retour avec toute l’équipe lors de notre camp d’entrainement, sur place, avec nous à Panorama en Colombie-Britannique à la fin du mois de novembre. Ça nous a permis d’observer le progrès qui avait été fait par chacun et par l’équipe, et de générer des ajustements en vue de notre saison de compétition.

Qu’est-ce que CANU vous a permis de réaliser en termes de résultats?

CANU, en tant qu’intervenant externe, a amené une place de communication ouverte, autant pour les athlètes que pour le staff. Dans le « day-to-day », ce n’est pas facile d’avoir les vraies discussions; le temps et les émotions sont des facteurs qui jouent, mais CANU a facilité celles-ci au bénéfice de chacun et aussi de l’équipe. Ils ont développé des outils pour que nous puissions recréer ces environnements propices aux échanges.

Individuellement, chaque personne a gagné surtout grâce à l’introspection et aux prises de conscience, présentes tout au long du programme. Ça a donné lieu à des réflexions personnelles incroyables. Il faut bien se connaitre et s’observer pour savoir quelle sera notre contribution personnelle au sein de l’équipe.

Sur le plan collectif, nous sommes ressortis une équipe solidifiée – avec un nouveau niveau de clarté sur qui nous sommes et ce que nous voulons, en plus d’avoir pu établir des rôles plus clairs pour chacun. On a aussi pu observer une croissance dans le leadership de chaque membre de l’équipe, majoritairement parce qu’on a su donner la possibilité à chaque personne de prendre son leadership et de l’exprimer. Ça se traduit aussi par une responsabilisation personnelle et une implication accrues.

Est-ce qu’il y a d’autres faits marquants du programme que tu aimerais partager?

Personnellement, j’ai été vraiment impressionné de voir l’évolution entre les gens en seulement une semaine. C’était vraiment cool!

Malgré les doutes lorsqu’on se lance dans un tel programme, je suis très content qu’on l’ait fait. De l’aide d’experts comme ça, c’est important pour te faire réfléchir à tes façons de penser, et tes façons de faire. CANU nous a amené une compréhension de la problématique, avec un sens de neutralité et un sens du vrai.

Et de ton côté Maxime, qu’est ce qui est ressorti du partenariat avec l’équipe de ski para alpin du Canada?

J’ai été marqué par la grande pression à laquelle fait face l’équipe. Elle est en mission pour remporter des médailles aux Jeux paralympiques, et leur financement est conditionnel à leurs résultats. C’est d’ailleurs la mission confiée à la direction de l’équipe que d’aller chercher plus de médailles à chaque fois.

Un autre élément qui m’a frappé c’est l’humilité des dirigeants, surtout dans leur capacité de réaliser qu’ils avaient atteint la limite de leurs moyens pour amener l’équipe là où ils voulaient. Ils ont su identifier l’importance d’impliquer un partenaire pour atteindre un autre niveau de performance. Dans cette humilité-là, j’ai senti une belle finesse – un équilibre entre la motivation d’atteindre les résultats et la disposition d’esprit nécessaire pour demander de l’aide.

Un moment très puissant pour moi a été d’aller rencontrer l’équipe dans son environnement à Panorama en Colombie-Britannique lors d’un camp d’entrainement.Lors de cette séance distribuée sur deux jours, j’ai pu constater tout le progrès que les membres de l’équipe avaient fait sur le plan du leadership. L’environnement sécuritaire qui était en train de se créer en juin avait maintenant un impact majeur alors que les athlètes étaient au cœur de la conversation, qu’ils exprimaient leur vulnérabilité et définissaient jusqu’où ils souhaitaient aller pour se tenir imputable du changement culturel émergeant . En ce sens, je suis convaincu que le travail vidéo de notre équipier Guillaume leur a permis de se voir, de se parler et de gagner en confiance autant sur une base individuelle qu’en groupe. Chacun a pris en main son propre programme pour passer à la prochaine étape, en grande partie parce que le leadership a rendu la chose possible.

max

Maxime Boilard
Président
CANU