FR-CANU-RGB+sloganCe texte s’inspire de mon propre bagage d’entrepreneur-athlète (11 ans en affaires soit le même temps que j’ai mis pour me rendre aux Jeux Olympiques) de même que des observations que j’ai faites auprès de mes clients. CANU dessert les leaders et leurs équipes dans le sport et en affaires. Notre mission est de soutenir le développement de la performance tout en réduisant la souffrance en contextes de changement d’importance historique.

D’abord les notions de réussite et de non-réussite dans le sport sont souvent plus claires qu’en affaires. Les métaphores sportives aident donc à rendre plus concret des concepts de performance et dynamiques humaines en entreprise.

Le fait de travailler avec le corps dans le sport permet de mieux respecter le processus par lequel un être humain apprend de même que les cycles de développement par lequel il doit passer. On y met du temps, de l’attention, de l’effort et les résultats arrivent progressivement. En entreprise on pense souvent que c’est réglé après un meeting alors que ça ne fait que commencer après le meeting…

Le vocabulaire qui vient avec le monde sportif est plus proche de la performance humaine. Par exemple, un sportif qui ne pense pas à la gestion de son énergie et à ses sensations dans chaque entraînement fait littéralement du présentéisme.

D’abord, avouez que la conversation sur l’énergie et les sensations en contexte business tire un peu sur l’ésotérisme… Si c’est votre impression, rassurez-vous : cette notion est cohérente avec le contexte global – entier – de la performance humaine. Si nous agissions en entreprise comme dans le sport, en respectant le principe que l’énergie est notre actif le plus précieux, on questionnerait systématiquement la valeur de ce qu’on fait quand on n’est pas convaincu de son impact sur l’entreprise…

Imaginez un peloton de cyclistes qui ne prendrait pas le plus court chemin pour sa course… Pourtant, en entreprise, disons qu’on commence souvent la course avant même de savoir si ça sert vraiment à quelque chose de courir… Pourquoi? On a tendance à valoriser “être occupé” alors que dans le sport, on valorise la qualité et la précision parce que c’est là que l’effort donne un résultat.

Les sensations permettent l’autonomie et la prise en charge. Après avoir entendu un truc technique, le sportif l’essaie. Celui qui ressent peut répliquer le geste. Celui qui a tout le temps besoin de se le faire confirmer est dépendant. En entreprise, comment on sait ce que quelqu’un a compris?

La clarté des rôles dans le monde du sport est aussi intéressante à contempler. S’en tenir à son rôle et le jouer pleinement est clef dans le sport et peu de gens tenteraient de développer un contre-argument pour ça. Toutefois en entreprise c’est facile de perdre le match global de vue et de devenir rivaux entre silos d’une même équipe!

Pourquoi en entreprise on a la fâcheuse manie de sortir le meilleur joueur du jeu pour lui demander d’aller “gérer” les autres joueurs à partir du banc? C’est connu dans le sport, les meilleurs athlètes ne font pas les meilleurs entraineurs. Pourquoi? Ça demande des aptitudes différentes… Ah oui… c’est vrai, hein!?

On parle souvent de la préparation mentale du sportif, je pense qu’ici ce qui est le plus pertinent comme lien à fairec’est la qualité de présence. L’athlète se prépare mentalement pour se libérer des interférences mentales qui pourraient le limiter dans sa performance. Il passe à travers différents rituels de pensées et d’échauffement avant de performance. Le gestionnaire ou l’employé qui porte une intention délibérée pour réussir sa rencontre, qui est attentif à sa respiration et qui pratique une forme de méditation se prépare alors lui aussi à performer en développant sa qualité de présence. Sa performance consiste souvent à répondre aux besoins émergents à chaque instant alors on en veut un qui ne soit pas trop réactif et capable d’entendre ce que lui donne comme information l’environnement externe de même que ses intuitions internes.

En somme, le sportif n’est pas plus futé que l’employé… Son corps l’aide à comprendre. Quand il gagne, on va le chercher pour lui donner une médaille. L’employé, on lui a dit que son corps est le véhicule pour amener sa tête au meeting. Quand il gagne, il ne le sait que très rarement. Après tout, il est sans doute déjà occupé, dans un autre meeting…!

Young business man speaking on a phone while working on a laptop